Bali
Il y a quelques années, Bali faisait partie de ces destinations qui me faisaient rêver. La promesse d’une vie plus douce, entre nature, spiritualité et cafés remplis de digital nomads.
Aujourd’hui, mon regard a complètement changé. Je sais maintenant que Bali est devenue une île qui souffre profondément du surtourisme, au point que je la considère désormais comme une destination à éviter.
Pourtant, c’est bien à Bali que je me suis arrêtée, contrainte par la logistique. Pour rejoindre le Vietnam, je devais transiter par l’île. J’ai donc fait un choix volontaire : rester le moins longtemps possible, deux nuits seulement, et donner un sens précis à cette étape.
Sur TikTok, j’avais repéré une vidéo présentant l’un des spas les plus réputés au monde. Plutôt que d’explorer davantage une île déjà saturée, j’ai choisi de consacrer une journée entière au repos et au bien-être, sans multiplier les déplacements ni les visites.
Une façon de limiter mon impact, tout en transformant cette contrainte en parenthèse régénérante. Cette page n’est donc pas un guide pour visiter Bali. Vous n’y trouverez ni itinéraire complet, ni liste de spots incontournables. C’est plutôt un retour d’expérience assumé : comment passer brièvement par Bali et réduire son impact, sans contribuer davantage à la pression déjà immense que subit l’île.
Infos pratiques
- Monnaie : Roupie indonésienne (IDR). Les paiements par carte sont courants dans les zones touristiques, mais le cash reste utile.
- Climat : Climat tropical chaud et humide toute l’année. La chaleur est souvent intense en journée.
- Accès : Bali est accessible via l’aéroport international de Denpasar (DPS), avec de nombreux vols domestiques et internationaux. L’île est aussi accessible en ferry depuis plusieurs îles voisines (notamment Java et Lombok), une option souvent moins chère et plus écologique que l’avion mais plus longue et moins confortable selon les trajets.
- Transports sur place : Les déplacements se font principalement en scooter ou en voiture avec chauffeur. La circulation peut être dense, surtout dans le sud de l’île. Grab et Gojek sont largement utilisés selon les zones.
- Quartiers : Le sud de Bali concentre l’essentiel du tourisme. Certaines zones comme Nusa Dua sont plus calmes et structurées.
- Ambiance : Bali est une île de forts contrastes. Autour de l’hôtel, l’ambiance était très balinaise et locale : petites ruelles, offrandes au sol, statues, végétation, une atmosphère presque apaisante. Il suffit pourtant de traverser une grande route pour changer complètement de décor. Du côté de la plage, l’ambiance devient beaucoup plus touristique, avec de nombreux transats, des hôtels et une forte concentration de visiteurs. Ce contraste est frappant et résume assez bien le Bali d’aujourd’hui.
- Durée recommandée : Il n’y a pas de durée idéale. Bali peut être une simple étape de 1 à 2 nuits, ou se découvrir sur plusieurs semaines, voire un mois, si c’est une destination de rêve que l’on souhaite explorer en profondeur, en acceptant ses contrastes.
Pour les informations pratiques de l’Indonésie en général, rendez-vous sur la page pays Indonésie.
Important - L’eau n’est pas potable
Même dans les hôtels, l’eau du robinet ne se boit pas. Cela entraîne une consommation massive de bouteilles plastiques. Une gourde filtrante change vraiment la donne, à condition d’oser l’utiliser.
Hébergement
J’ai choisi de loger à Nusa Dua, dans une zone réputée un peu plus calme et relativement proche de l’aéroport et du spa que je voulais tester, justement pour limiter les déplacements.
Après une arrivée tardive à Bali, j’ai dîné directement en room service, avant de m’installer et de dormir.
L’hôtel m’a tout de suite marquée par sa décoration très balinaise : statues, offrandes, végétation abondante, bassins et fleurs partout. On sent une vraie identité culturelle dans les espaces communs, loin de certains hôtels standardisés. La piscine était souvent quasi vide, ce qui renforçait cette impression de calme et de parenthèse.
Le lendemain, j’ai pris le temps : bon petit déjeuner, transat, lecture, baignade. Sans programme. Juste se poser.
En sortant me promener dans les petites rues autour de l’hôtel, j’ai trouvé l’ambiance intéressante, avec beaucoup d’offrandes au sol et une vie locale encore visible. Le contraste est frappant dès qu’on traverse une grande route : là, on bascule dans une autre réalité, beaucoup plus touristique, avec des rangées de transats face à la mer et une forte concentration de visiteurs.
Kubu Garden Suites & Villas
Chambre : Chambre double standard
💰 78 € pour 2 nuitées
📍 Jalan Nusa Dua, Benoa, Kec. Kuta Sel., Kabupaten Badung, Bali 80361, Indonésie
https://maps.app.goo.gl/pahbYMmfZQmueDUVA
Important – Ne pas toucher la vie marine
Coraux, tortues, étoiles de mer : rien ne doit être touché. Les coraux sont des êtres vivants extrêmement fragiles, et un simple contact peut les endommager durablement. Les tortues et étoiles de mer, quant à elles, peuvent être gravement affectées par les bactéries et résidus chimiques présents sur la peau humaine. Si un guide ou un autre touriste le fait, ce n’est pas un exemple à suivre, mais un signal d’alerte.
Les transports
À Bali, les déplacements reposent presque exclusivement sur les transports motorisés. À l’arrivée, j’ai utilisé Grab (paiement par carte) pour relier l’aéroport à l’hôtel, une option simple et efficace pour éviter les négociations et le stress. Sur place, les solutions les plus courantes restent le scooter ou la voiture avec chauffeur. Les applications comme Grab ou Gojek sont très utilisées, même si leur fonctionnement peut être limité dans certaines zones. Dans la rue, il est aussi fréquent que des scooters s’arrêtent spontanément pour proposer un taxi. Au début, cela passe encore, mais quand cela arrive dix fois en cinq minutes, l’expérience devient rapidement pesante. La circulation est dense, surtout dans le sud de l’île, et rend chaque trajet plus long que prévu.
Quant à la marche, elle est rarement agréable sur la durée. Entre la chaleur, l’état des trottoirs et les distances, elle devient vite fatigante. Je l’ai constaté en allant simplement déjeuner à pied : faisable sur le papier, mais pas franchement plaisant.
Pour cette étape très courte à Bali, j’ai donc fait un choix volontaire : limiter au maximum les déplacements. Hôtel, restaurant à proximité, spa avec transfert inclus, puis retour à l’aéroport. Une organisation simple, qui m’a permis de réduire le stress, d’éviter les trajets inutiles et de vivre cette parenthèse de manière plus fluide.
Important – Animaux ≠ attractions
Si une activité propose de toucher, nourrir ou poser avec un animal, ce n’est pas une expérience éthique, même si elle est présentée comme éducative ou “respectueuse”.
Où manger ?
Sur cette étape très courte, mes repas ont surtout été guidés par le confort, sans chercher une exploration culinaire poussée ou locale.
Kubu Garden Suites & Villas
Les dîners ont été pris sur place, par choix de confort. Le poulet pané était vraiment très bon, réconfortant et bien exécuté. L’autre soir, j’ai opté pour un burger. Comme souvent à l’hôtel, c’est plus cher que des warungs, mais pratique et sans mauvaise surprise quand on n’a pas envie de ressortir.
💰 12,68 € pour les 2 dîners (200K IDR)
📍 Jalan Nusa Dua, Benoa, Kec. Kuta Sel., Kabupaten Badung, Bali 80361, Indonésie
https://maps.app.goo.gl/pahbYMmfZQmueDUVA
Santai Beach House
Déjeuner face à la mer. La vue est agréable, le cadre aussi, mais la cuisine reste correcte sans être marquante. Les prix sont très élevés par rapport à la qualité et au lieu. Je ne recommande pas forcément.
💰 14,61 € pour un plat de gnocchis et un jus (230 K IDR)
📍Jl. Pratama, Tanjung, Benoa, Kec. Kuta Sel., Kabupaten Badung, Bali 80362, Indonésie
https://maps.app.goo.gl/BT6WGFYSvmPpQmoa8
Kubu Garden Suites & Villas
Santai Beach House
Mon regard sur le tourisme durable à Bali
Mon passage à Bali a été très court. Deux nuits, une seule journée entière. Évidemment, en si peu de temps, je n’ai pas vu tous les problèmes de l’île. Mais ces problématiques sont documentées, connues et discutées depuis des années, et c’est précisément pour cette raison que j’ai volontairement limité mon séjour.
Bali reste une île magnifique. On le sent immédiatement, même en restant peu de temps. Autour de mon hôtel, l’ambiance était très balinaise, presque apaisante, avec des offrandes, des statues, une vraie identité culturelle. Et pourtant, à quelques minutes à pied seulement, en traversant une grande route, on bascule dans une autre réalité, beaucoup plus touristique, beaucoup plus dense. Ce contraste résume assez bien Bali aujourd’hui.
L’île fait face à une pression touristique énorme. Le tourisme de masse a profondément transformé certains lieux, parfois jusqu’à les dénaturer. Des paysages autrefois sauvages sont aménagés, standardisés, “optimisés” pour accueillir toujours plus de visiteurs. L’exemple le plus parlant est celui de Kelingking Beach, où un projet d’ascenseur a été lancé pour faciliter l’accès à ce site iconique. Sur le papier, l’idée peut sembler pratique. Dans les faits, elle modifie le paysage, attire encore plus de flux sur un site déjà saturé et pose de vraies questions sur l’impact environnemental et le sens même de la visite.
La question des animaux est aussi omniprésente à Bali. On trouve encore de nombreuses expériences non éthiques :
- des tortues maintenues en bassins pour les touristes
- des requins-baleines attirés artificiellement pour des sorties en mer
- des éléphants utilisés pour des balades ou des spectacles
- des chevaux attelés à des calèches dans certaines zones très touristiques.
À cela s’ajoute la célèbre forêt des singes, devenue virale sur les réseaux sociaux. Les vidéos montrent des touristes se faisant voler leurs affaires, parfois même se faire griffer ou mordre par les singes. Derrière le côté “amusant” de ces images, il y a surtout un déséquilibre clair entre faune sauvage et tourisme de masse, où les animaux deviennent des attractions et où les interactions ne sont plus maîtrisées.
Un autre sujet complexe est celui de la propriété. Une grande partie des hôtels confortables ou haut de gamme appartiennent à des étrangers. Dans les faits, il est très difficile de savoir qui possède quoi. Les plateformes comme Booking n’affichent pas la nationalité des propriétaires, et cette information est rarement publique. On peut donc vouloir faire des choix plus responsables et se rendre compte que, concrètement, ce n’est pas si simple.
Je suis aussi consciente d’une chose importante : je suis arrivée à Bali avec des a priori, et je suis repartie avec eux. Il y a très probablement des endroits magnifiques, des communautés engagées, des initiatives locales inspirantes. Si autant de personnes aiment Bali et choisissent d’y vivre, ce n’est évidemment pas un hasard. Mais aujourd’hui, je ne me sens pas alignée avec ce que l’île est devenue dans son ensemble.
J’ai essayé, à mon échelle, de faire des choix plus cohérents : rester peu de temps, limiter les déplacements, privilégier une seule expérience forte plutôt que multiplier les activités. Mais je sais aussi que je ne suis pas parfaite. J’ai mangé dans un restaurant avec vue sur la mer plutôt que dans un warung local. J’ai choisi un hébergement sans pouvoir vérifier qui en était réellement propriétaire. Comme beaucoup de voyageurs, je fais des compromis, parfois par confort, parfois par manque d’information, parfois par fatigue. J’essaie simplement de compenser ailleurs.
Aujourd’hui, je n’ai pas envie de retourner à Bali tant que l’île n’aura pas trouvé un meilleur équilibre entre tourisme, environnement et vie locale. Et si rien ne change, le risque est clair : à ce rythme, Bali continuera de se détériorer. Cette étape m’a surtout rappelé une chose essentielle : voyager mieux, ce n’est pas seulement choisir des destinations “moins connues”. C’est aussi accepter de renoncer à certaines destinations, même mythiques, quand elles ne sont plus alignées avec nos valeurs.
ASTUCES DURABLES
Détente & Bien-être
Sekar Jagat Spa Bali
C’est la raison principale de mon passage à Bali. Sur TikTok, j’étais tombée sur une vidéo présentant Sekar Jagat Spa comme l’un des meilleurs spas au monde. Plutôt que de multiplier les visites sur une île déjà saturée, j’ai choisi de consacrer une journée entière à cette expérience. Le spa organise un transfert depuis l’hôtel, ce qui enlève toute charge mentale.
À l’arrivée, on m’accueille avec un thé vert au gingembre, puis commence un enchaînement de soins parfaitement orchestré. J’ai opté pour le pack « 3.5h Royal Shirodhara + 1h facial », soit 4h30 de soins, en chambre privée semi-extérieure. Tout est pensé pour que l’expérience reste fluide et agréable, y compris les temps de pause nécessaires pour les praticiennes, intégrés naturellement via le bain de fleurs ou certains masques. On ne regarde jamais l’heure. Les 4h30 passent à la fois très vite et très lentement, dans le bon sens du terme. L’ambiance est profondément apaisante, les gestes précis, enveloppants, et la qualité des soins vraiment remarquable. À la fin, une petite bouteille d’eau est offerte, puis le transfert me ramène directement à l’hôtel. Aucun stress, aucun effort à fournir. Ce moment a été incroyable, sans exagération.
💰 ≈ 99,5 € (1 950 K IDR)
📍 Jl. Bypass Ngurah Rai No.96, Mumbul, Nusa Dua, Kec. Kuta Sel., Kabupaten Badung, Bali 80361, Indonésie
https://maps.app.goo.gl/SkZd3YA445NajmLLA
Bon à savoir – Bali n’est pas la seule option en Indonésie
Si vous cherchez plages, nature, bien-être ou spiritualité, d’autres îles indonésiennes peuvent offrir des expériences similaires, sans la pression touristique actuelle de Bali.
Prix
Pour trois jours à Bali, le budget total s’élève à 225,79 €, dont 100 € pour le spa à lui seul. Ce budget aurait pu être réduit en mangeant davantage dans des warungs locaux.
Hébergement
78 €
Taxi A/R Hébergement - Aéroport
19,93 €
2 dîners à l'hôtel
12,68 €
1 déjeuner - Santai Beach House
14,61 €
Spa (Transport AR inclus)
100,57 €
Total
225,79 €
Bon à savoir – Choisir une crème solaire respectueuse des océans
De nombreuses crèmes solaires contiennent des filtres chimiques nocifs pour les coraux et la vie marine. Dans des zones très fréquentées comme l’Indonésie, l’impact est démultiplié. Privilégier une crème solaire sans filtres chimiques, labellisée “reef safe”, est un geste simple qui réduit réellement l’impact sur les écosystèmes marins.
Conclusion
Bali est une île qui suscite beaucoup d’envies et d’attentes. Pour ma part, ce court passage m’a surtout confirmé que ce n’est pas une destination vers laquelle j’ai envie de revenir aujourd’hui, en tout cas pas dans sa forme actuelle.
Cela ne signifie pas que Bali n’a plus d’intérêt ni que ceux qui l’aiment ont tort. Il existe forcément des lieux, des personnes et des initiatives positives sur l’île. Mais au vu des défis environnementaux et touristiques qu’elle traverse, il me semble important d’aborder Bali avec davantage de recul et de discernement que ce que montrent les réseaux sociaux.
Si vous lisez cet article parce que Bali figure dans votre itinéraire, mais que vous n’avez encore rien réservé, c’est peut-être l’occasion de vous poser la question : est-ce vraiment Bali que vous voulez découvrir, ou ce qu’elle représente ? L’Indonésie regorge d’îles magnifiques, plus authentiques et surtout beaucoup moins en danger aujourd’hui, qui peuvent offrir des expériences tout aussi riches, voire plus apaisantes.
Ségolène RJ
Je suis persuadée qu’on peut tous voyager autrement, à notre échelle. Sur Voyager Mieux, je mêle conseils pratiques et récits de terrain, pour inspirer sans culpabiliser.